| N°71 | VENDREDI 26 JUIN 2026 | 7 MIN |
| Plus on gagne, plus on perd.Cette semaine, on parle d'un paradoxe que le sport adore : Monaco a tout gagné en basketball… sauf sa stabilité financière. Pendant ce temps, le sport pour enfants devient une machine à cash où l'on ne vend plus seulement des licences ou des crampons, mais des promesses. Même mécanique, au fond : la passion ne coûte jamais vraiment ce qu'elle affiche. |
| AU SOMMAIRE | 01 | L'IMAGE Wembanyama au défilé Louis Vuitton. |
| | 02 | STORY 01 Monaco Basket : champion de tout, fragile en tout. |
| | 03 | LE CHIFFRE 31 M€ : Michele Kang met fin à l'ère Textor à l'OL. |
| | 04 | STORY 02 Le sport pour enfants est devenu une industrie à 40 milliards. |
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 Le sport et la mode partagent désormais le même podium.Cette semaine, Victor Wembanyama défilait pour Louis Vuitton lors de la collection printemps-été 2027 à Paris. Au premier rang, il croisait Léon Marchand, Kouamé Niamké et plusieurs autres champions français. Bref, une bonne partie du futur palmarès du sport tricolore, assise sur une banquette en cuir, en plein défilé masculin. On en parlait déjà dans Kopa avec Sinner chez Gucci ou Gauff chez Miu Miu : les maisons de luxe ne signent plus seulement des mannequins. Elles signent des athlètes parce qu'eux seuls réunissent ce que le luxe cherche désormais — la visibilité d'une icône globale, la culture d'un héros local et l'authenticité d'une performance impossible à fabriquer. Et Wembanyama coche toutes les cases. 2,24 m, une saison NBA en mode All-Star, et un physique qui transforme un costume Louis Vuitton en pièce de couture. Le sport et la mode ne se courtisent plus. Ils habitent désormais le même podium. KOPA APPROVED |
|  Monaco Basket réalise le quadruplé : Supercoupe, Leaders Cup, Coupe de France, Betclic Elite. Et flirte avec la faillite huit jours plus tard. — Kopa Club Monaco : champion de France, quasi en faillite huit jours plus tard.Le 23 juin, l'AS Monaco Basket a réussi ce qu'aucun club français n'avait jamais fait : le quadruplé. Supercoupe, Leaders Cup, Coupe de France, Betclic Elite. Carton plein. Trophée partout.
Le 1er juillet, huit jours plus tard, le même club se retrouve au bord de la cessation de paiements. Champion de tout. Fragile en tout. C'est peut-être le résumé le plus précis du basket européen.
Le symbole de cette absurdité porte un nom : Mike James. La star américaine, MVP d'EuroLeague, était en grève depuis le 5 mai. Salaires et droits à l'image impayés. Puis il revient pour le Match 5 contre Paris, victoire 101-92, et un titre au bout. Le meilleur joueur du championnat a joué une finale avec des arriérés de paiement. Même Netflix aurait trouvé ça excessif.
LE PARADOXE DU BASKET EUROPÉEN
Le basket européen reste ce drôle de sport où l'on peut soulever quatre trophées et chercher du cash une semaine plus tard. Un produit brillant, spectaculaire, mais encore incapable de financer sa propre ambition.
Comment on en arrive là ? Comme souvent : par ambition. Monaco voulait s'installer durablement en EuroLeague, la cour des grands, la vitrine absolue du basket européen. Pour y exister, il faut recruter. Pour recruter, il faut payer. Beaucoup.
Le problème, c'est que l'EuroLeague reste un produit sportivement premium et économiquement fragile. Les salles se remplissent, l'audience progresse, mais les revenus restent plafonnés. Les droits TV sont faibles. DAZN diffuse, mais ne transforme pas le produit en machine à cash. Résultat : Monaco aurait accumulé entre 10 et 15 millions d'euros de déficit cette saison.
Le sportif monte. La trésorerie descend. Normalement, l'actionnaire compense. Sauf que là aussi, l'histoire se complique. Alexey Fedorychev, propriétaire du club via Fedcom, traverse lui-même une zone de turbulence. Sa société FedCom Media a été liquidée le 17 juin. Quand le sponsor-actionnaire vacille, tout le château tremble.
L'État monégasque est intervenu, mais de manière ciblée : 2,5 M€ pour rembourser une partie de la dette et éviter l'arrêt brutal. Pas un sauvetage total. Plutôt un pansement. Le reste ? À trouver.
Et la sortie de secours a déjà un nom, et on vous en a déjà parlé : NBA Europe. Lancement prévu en 2027 avec la FIBA. Ticket d'entrée estimé entre 500 millions et 1 milliard de dollars pour rejoindre la future ligue. Monaco veut être dans le train. Le club travaille sur un consortium mené par l'ancien NBA Jamal Mashburn et annonce déjà un budget de 30 millions pour la saison prochaine. Le pari est limpide : tenir jusque-là.
Petit détail : la salle Gaston Médecin est trop petite. Et Monaco n'est pas exactement une place forte du basket populaire. Monaco n'est pas une ville de basket. C'est une ville de capital. Et tout le pari repose là-dessus : faire en sorte que le second compense enfin le premier.
Sur le parquet, Monaco a tout gagné. Dans les comptes, presque tout perdu. Le basket européen reste ce drôle de sport où l'on peut soulever quatre trophées et chercher du cash une semaine plus tard. Un produit brillant, spectaculaire, mais encore incapable de financer sa propre ambition.
— Par Hugo |
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31 M€ C'est le cash que Michele Kang verse immédiatement à l'OL pour financer la saison 2026-2027. Et tourner la page Textor pour de bon. L'Américaine vient de racheter 87,8 % du capital de l'OL au groupe Eagle de John Textor. Elle s'engage personnellement à racheter la dette des principaux prêteurs, dont Ares (à qui Eagle devait encore 500 M€). Une compensation de créance qui efface près de 236 M€ de dette en une signature. Et en parallèle, l'OL a obtenu de ses banques (dont Goldman Sachs pour un emprunt de 75 M€) un répit d'un an et demi sans intérêts ni capital à rembourser. De quoi se focaliser sur le développement, avec l'argent de Kang à court terme. Reste 350 M€ de dette liée au stade. Mais le club, 4e de Ligue 1 cette saison, quittera officiellement Eagle Football pour redevenir OL Groupe. Le bout du tunnel est encore loin, mais la route est moins sinueuse. |
|  Aux États-Unis, le sport pour enfants pèse 40 milliards de dollars. Et les familles dépensent en moyenne 1 000 dollars par enfant chaque année. — Kopa Club Le sport pour enfants est devenu un marché à 40 milliards de dollars.Pendant longtemps, inscrire son enfant au sport coûtait une licence, une paire de crampons et quelques oranges pour la mi-temps. Aux États-Unis, c'est devenu une industrie. Le marché du sport pour enfants pèse désormais près de 40 milliards de dollars, et les familles dépensent en moyenne 1 000 dollars par enfant chaque année.
Ce qui est fascinant, c'est que l'argent ne part plus seulement dans les entraînements. Les parents paient désormais pour les sélections, les parkings, les statistiques, le streaming des matchs, les analyses vidéo ou encore des équipements toujours plus sophistiqués. Certains déboursent même plusieurs centaines de dollars pour accéder aux vidéos des rencontres… qu'ils pourraient filmer eux-mêmes avec leur téléphone.
Pourquoi autant d'investisseurs se ruent-ils sur ce marché ? Parce qu'il possède une qualité rarissime : les clients acceptent presque toutes les hausses de prix. En économie, on appelle ça une demande inélastique. L'idée est simple : il y a peu de dépenses qu'un parent refuse lorsqu'il pense agir pour son enfant. Une meilleure batte, un tournoi plus prestigieux, un abonnement vidéo ou un nouveau stage ne sont plus perçus comme des achats. Ce sont des investissements. Et l'espoir est probablement l'un des produits les plus faciles à vendre.
L'ESPOIR COMME PRODUIT
Pendant des décennies, les entreprises vendaient des produits aux parents. Aujourd'hui, elles vendent des opportunités pour leurs enfants. Et l'espoir est probablement l'un des produits les plus faciles à vendre.
C'est aussi pour ça que les fonds d'investissement ne rachètent plus seulement des ligues. Ils investissent dans les centres sportifs, les logiciels qui organisent les compétitions, les plateformes vidéo, les outils statistiques ou les infrastructures. Chaque étape de la vie sportive d'un enfant devient un service facturable.
Sur le papier, tout le monde y gagne : de meilleurs terrains, des compétitions mieux organisées, des matchs accessibles en streaming pour les parents en déplacement. Mais la contrepartie est évidente : le coût d'entrée augmente, et le sport devient progressivement un produit premium.
Au fond, cette histoire dépasse largement le baseball ou le football américain. Elle raconte quelque chose de beaucoup plus universel. Pendant des décennies, les entreprises vendaient des produits aux parents. Aujourd'hui, elles vendent des opportunités pour leurs enfants.
Et entre un parent qui veut acheter un nouveau téléphone et un parent qui pense offrir une chance supplémentaire à son fils ou à sa fille, on sait très bien lequel est prêt à dépenser le plus.
— Par Henri |
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Une sélection de postes dans le sport business à pourvoir cette semaine. Pour candidater, contactez l'entreprise via le lien indiqué.
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Kopa Fin de l'épisode 71 Si cet épisode vous a plu, transférez-le à un ami qui traîne au bar du Racing le vendredi soir. |
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Kopa est une newsletter publiée sur Kessel.
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